Révoltes en Tunisie et en Egypte : réseaux sociaux ou téléphone arabe ?

Dans les médias, on entend beaucoup dire que les révoltes qui touchent les pays arabes ont pour éléments déclencheurs les réseaux sociaux d’internet.

Ben Ali aurait fui la Tunisie à cause de Facebook. Twitter mettrait en péril le pouvoir des autorités égyptiennes.

Pour le coup, les journalistes et commentateurs n’exagèreraient-ils pas  l’influence des réseaux sociaux numériques ? A la base de tout ça, n’est-ce pas davantage le bouche-à-oreille ?En effet, on est en droit de se poser la question.

D’abord,  lorsque l’on regarde le taux d’équipement de ces populations. En Tunisie par exemple, sur 10 millions d’habitants on dénombre 400 000 abonnés à l’ADSL, soit 4 % de la population. Une très grande minorité a donc accès à la Toile, même si l’on peut estimer que ces abonnements à internet sont partagés par plusieurs utilisateurs.

Ensuite, sur cette minorité, on doit encore enlever les internautes qui se servent des réseaux sociaux. Il y a Facebook, qui compte entre 300 000 et 600 000 inscrits. On imagine que Twitter, à l’instar de ce qui se passe à l’échelle mondiale, est très loin derrière. Mais le réseau social le plus populaire en Tunisie est bien moins connu, il s’agit de « hi5 ».

Dernièrement, le régime égyptien a coupé l’accès à internet dans tout le pays. Les habitants sont dans l’incapacité d’accéder aux réseaux sociaux. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à descendre dans la rue.

Alors, au lieu de parler de révolution numérique, parlons d’abord de révolution sociale : le bouche-à-oreille  de la « vie réelle » reste le moyen le plus simple et le plus élémentaire pour communiquer.

C’est le « téléphone arabe » diront certains. D’ailleurs, selon le Wiktionnaire, on parle du bien nommé لتليفون المكسور « téléphone cassé » en arabe.

L’influence de ces réseaux sociaux est indéniable, mais reste donc mineure et sans doute exagérée par les commentateurs. Cependant, en tant qu’occidentaux, ces réseaux sociaux sont pour nous le seul moyen d’être informés de ce qui se passe sur place, au delà des médias à la solde des pouvoirs en place.

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4 réflexions au sujet de « Révoltes en Tunisie et en Egypte : réseaux sociaux ou téléphone arabe ? »

    1. Merci pour votre commentaire.

      Les informations fournies sont les seules que j’ai pu trouver. Mais vous avez raison: connaitre le pourcentage des abonnés ADSL ne doit être lu et compris que dans un contexte plus global de consommation internet.
      En effet, pour un foyer ou un cyber-café connecté à l’ADSL, il est impossible de savoir combien de personnes utilisent cette connexion et quel genre de sites ils fréquentent.
      Si vous disposez de chiffres ou de sources plus fiables, je serai ravi d’en prendre connaissance.

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