« Mourir ? Plutôt crever ! », le documentaire trop bien élevé sur Siné.

Quand on évoque la connivence entre le pouvoir et les médias, on pense de prime abord aux liens entre les puissants et les journalistes aux ordres. Pourtant, pas besoin d’aller aux sommets des élites pour assister à des flagrants délits de copinages. Un « simple » caricaturiste comme Siné a trouvé en la personne de Stéphane Mercurio un relai médiatique assez complaisant.

Dans « Mourir ? Plutôt crever ! », on apprend à mieux connaitre Monsieur Robert Siné, qui a fait ses armes dans la désinvolture, le dessin acide et souvent de mauvais goût. Ce documentaire a le mérite de montrer des aspects méconnus du passé du dessinateur Siné, notamment en ce qui concerne ses fréquentations passées. Mais chuuuut ! La réalisatrice ne le met jamais en difficulté, ne l’interpelle jamais. Elle lui sert simplement la soupe.

Par exemple, dans les années 1960, Siné  s’est engagé pour l’Algérie indépendante, ce qui est tout à fait louable, surtout en plein conflit.  En revanche, ce qui est plus discutable, ce sont les liens qu’il a tissés à ce moment avec l’avocat Jacques Vergès. Ce dernier a passé sa vie a servir les intérêts de puissances hautement « démocratiques ».  Jacques Vergès était un proche de Pol Pot et de Mao. Il était l’avocat avocat du nazi Klaus Barbie. Jacques Vergès a également soutenu les nationalistes serbes dans les années 1990.

Un peu plus loin, on apprend que Siné était le chouchou  de certaines dictatures. A Cuba par exemple, il rencontrait régulièrement Fidel Castro. Et la presse du pouvoir réservait aux caricatures de Siné de bonnes premières pages. Des dessins, il faut le remarquer, jamais hostiles au régime . A la même époque, en Chine, Siné  a été reçu officiellement par les autorités. Son seul acte subversif a été de caricaturer Mao en chat à l’arrière de cartes postales à destinations de la France.

Il existe d’autres exemples de ce type tout au long de « Mourir ? Plutôt crever ! ». Mais  jamais on entendra la réalisatrice poser des questions dérangeantes, ni demander d’explications sur son passé. Elle préfère se concentrer sur le côté rigolard et scatologique du personnage.

« Mourir ? Plutôt crever ! » , une ode au populisme de gauche.

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